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Littérature anglaise et américaine

 

Avant le LILA, il y avait, à l’Ecole, des enseignants et des enseignements de langue ; à ce titre, il y avait également des lecteurs, venus d’universités étrangères, souvent prestigieuses, pour aider à la préparation de l’agrégation. Est-il besoin de rappeler le séjour de Samuel Beckett, étudiant à Trinity College Dublin, à l’Ecole, de 1928 à 1930 ? Il avait tout au plus deux ou trois agrégatifs dont il s’occupait, et il passa le plus clair de son temps à fréquenter les bars parisiens, mais aussi les artistes et les écrivains, dont James Joyce ainsi que les surréalistes. C’est à Paris qu’il rédigea l’un de ses premiers textes, sur Work in Progress, de Joyce, ainsi qu’un essai sur Proust. En septembre 1930, à son grand regret, il dut quitter l’Ecole pour rejoindre Dublin, où l’attendait son premier poste. Une salle de cours, au rez-de-chaussée du bâtiment principal du 45 rue d’Ulm, honore sa mémoire, à côté d’une autre salle, dédiée, elle, à un autre lecteur « historique », d’allemand cette fois, Paul Celan.

Depuis la création du LILA, il n’y a pas, à proprement parler, de section de langues, au sein du département. Pas plus de section d’anglo-américain, donc, que de section d’allemand ou d’espagnol. La vocation des linguistes, au sein du département littérature et langages, des russistes comme des anglo-américanistes, des germanistes comme des italianistes, etc., est d’œuvrer avec leurs collègues francisants et comparatistes au bien commun, à ce trésor qu’est la littérature, ainsi que l’explique Michel Murat dans son texte de présentation de la littérature française.

Néanmoins, au sein de cet archipel qu’est la littérature en langues étrangères, la place de l’anglo-américain a été et reste importante, depuis que Pierre-Yves Pétillon l’a magistralement incarnée, pendant les années où il partageait son service entre Paris Sorbonne et l’Ecole Normale Supérieure. A ce grand américaniste, on doit de nombreux ouvrages, sur la littérature américaine, bien sûr, mais pas uniquement (L’Europe aux anciens parapets, Seuil, 1986). Son Histoire de la littérature américaine : Notre demi-siècle, 1939-1989 (Fayard, 2003), son essai sur La Grand-Route : Espace et Ecriture (Seuil, 1979), ses préfaces (Roth, Pynchon), ses traductions (Thoreau), sa vision d’une Amérique marquée par le legs puritain, zébrée de signes et trouée de cris barbares, ont marqué les esprits. De même, ses séminaires sur les « Fictions d’Amérique », où se pressaient élèves et enseignants, étaient portés par un double désir, généalogique d’un côté, de remonter du présent jusqu’à la pré-histoire des Amériques, et quasiment médiumnique, de l’autre, de se placer à l’écoute des voix enfouies. Des générations d’anglicistes en ont été durablement façonnées, et on ne compte plus les vocations d’américanistes nées à son contact. Découvrant Pétillon, on se donnait l’impression de découvrir l’Amérique.  

On ne trouvera donc pas étonnant que le versant américaniste des études anglophones continue d’être fortement représenté au LILA : Cécile Roudeau, dans les années 90, Agnès Derail, qui s’intéresse à la littérature américaine du XIXe siècle, s’inscrivent dans cette continuité.

Le versant britanniciste a été représenté pendant les années 2000, par Laurent Folliot, AGPR au LILA, et aujourd’hui MCF à Paris Sorbonne, tout en continuant à intervenir aux côtés d’Agnès Derail dans son atelier de traduction, et l’est aujourd’hui par Marc Porée, romanticiste comme Folliot, mais aussi spécialiste de la fiction britannique contemporaine.

Les lecteurs et maîtres de langue, recrutés en Grande Bretagne et/ ou aux Etats-Unis, sont une pièce maîtresse de la formation dispensée au LILA (et à ECLA). Dans le lointain sillage de Samuel Beckett, ils/elles assurent la préparation au thème écrit, ainsi qu’à l’épreuve de compréhension-restitution, à l’oral. Du reste, ce n’est sûrement pas un hasard si, en février 2010, Dunlaith Byrd, organisa à l’Ecole où elle enseignait comme maître de langues, un colloque international consacré à son compatriote Samuel Beckett, intitulé « Beckett Between », en partenariat avec ECLA et le Centre Culturel irlandais.

Les anglicistes qui entrent à l’Ecole par le concours, ou par l’accession sur dossiers, n’ont jamais été très nombreux. On peut le regretter, et il faut souhaiter que leur nombre augmente dans les années à venir. Nous croyons cependant pouvoir dire que les anglicistes issus du LILA, et co-formés par nos collègues des Universités environnantes, avec lesquels nous entretenons les meilleurs rapports, sont de qualité. Ce dont témoignent les résultats à l’agrégation, pour prendre ce seul exemple. Par leurs projets de thèse, souvent innovants (le jardin botanique de Calcutta, ou bien la fortune du cant), les initiatives qu’ils prennent, l’enthousiasme qui est le leur, l’ouverture d’esprit qui caractérise leur formation, ils portent haut les couleurs de l’Ecole.

Enfin, le LILA est riche de ses contacts et réseaux à l’étranger en général, et en pays anglophones, en particulier. Les postes de lecteurs, d’étudiants spéciaux, les bourses de recherche, auxquels les élèves et étudiants du LILA ne manquent pas de candidater, les Visiting Professors venus enseigner au département, tous ces éléments témoignent de cette indispensable ouverture sur le grand large dont le LILA se réclame, au nom de la littérature générale et globale.

 

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