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Littérature russe

C’est Georges Poitou, directeur de l’ENS de 1981 à 1989, qui décida dans la seconde moitié des années 1980 d’implanter l’enseignement du russe à l’École avec le double objectif de former des normaliens parlant russe et de développer la recherche dans les domaines russe et soviétique — essentiellement en histoire et civilisation. 

Cette position volontariste n’alla pas sans susciter à l’époque une certaine réticence au sein de l’École littéraire, où la recherche n’occupait pas une place aussi centrale dans la scolarité des élèves qu’aujourd’hui. Mais au moment où le lancement de la Perestroïka ouvrait des perspectives d’échanges scientifiques inédites, la direction estima qu’il était indispensable que le russe fût représenté de manière permanente rue d’Ulm. L’École fit donc appel à deux enseignants qui partagèrent désormais leur service entre Paris-Sorbonne et l’ENS : Jean-Louis Van Regemorter, historien, professeur de civilisation russe et soviétique, puis Michel Aucouturier, professeur de littérature russe. 

Lors de la création des départements, l’ensemble des linguistes, quelle que fût leur spécialité, rejoignit le Lila, dont la composante « langages » comprenait alors non seulement les langues vivantes mais aussi la musique ou le cinéma. Michel Aucouturier intégra le Lila et Jean-­Louis Van Regemorter enseigna à la fois au Lila et au département d’histoire. Une préparation spécifique à l’agrégation put dès lors se mettre en place, en étroite collaboration avec l’UFR d’études slaves de Paris-Sorbonne. Auparavant, plusieurs élèves des ENS d’Ulm et de Sèvres étaient devenus de brillants slavistes, mais c’est à l’université qu’ils avaient reçu leur formation en slavistique. Désormais, grâce au Lila et au tutorat, la formation et l’encadrement de russisants spécialistes devenait possible à l’École même, les élèves slavistes suivant à l’ENS les séminaires relevant de la spécialité des enseignants de l’École et complétant leur formation dans les autres matières à Paris-Sorbonne ou à l’INALCO. 

Lors du départ à la retraite de Michel Aucouturier et après le décès de Jean-Louis Van Regemorter, l’École prit la décision de fusionner les deux demi-postes de professeurs en un poste de maître de conférences à temps plein à l’ENS. Après un civilisationniste et un spécialiste de littérature, c’est un linguiste qui fut élu en 2002 comme premier enseignant de russe entièrement rattaché à l’École au sein du Lila. 

Jusqu’au milieu des années 2000, la section slave de l’ENS au Lila comprenait un maître de conférences de russe, un lecteur de russe et un lecteur de tchèque. Il existait en effet une épreuve de seconde langue slave obligatoire à l’agrégation et Michel Aucoutier, né à Prague, avait tout naturellement choisi le tchèque. Le tchèque était également très prisé des historiens : plusieurs élèves d’Olivier Chaline, spécialiste de la Montagne Blanche et alors enseignant d’histoire à l’École, ont côtoyé en cours de tchèque les slavistes bohêmisants du Lila. Ainsi, parce que tel historien travaillait sur le hussisme ou sur la Bohême baroque, il y eut des années où historiens et élèves du Lila se plongeaient d’emblée dans les sermons de Jan Hus ou les œuvres de Comenius sans passer par le tchèque contemporain. C’était là une belle illustration de la spécificité de l’École : utiliser toutes les ressources de la maison pour donner, autant que possible, un enseignement sur mesure à ses élèves. 

Aujourd’hui, malgré l’extrême sélectivité de l’agrégation de russe et la disparition de l’enseignement du tchèque à la suite de la suppression de la seconde langue slave à l’agrégation et du transfert de la gestion des postes de lecteurs à ECLA, le département Lila forme un nombre croissant d’élèves ou d’étudiants d’excellente qualité se destinant à une carrière de slavistes : les derniers normaliens reçus à l’agrégation de russe ont chaque fois été caciques, et l’ouverture de l’École aux étudiants autorisés à préparer le diplôme a permis d’élargir les possibilités de recrutement. Tout en resserrant les liens institutionnels, la création d’un échange de lecteur avec l’université Lomonosov de Moscou garantit chaque année à un normalien la possibilité de séjourner et d’enseigner en Russie. Enfin, depuis la mise en place de la sélection internationale, le département accueille régulièrement des étudiants russes en littérature française qui tissent des liens étroits avec les russisants de l’École. 

 
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